« Le milliardaire de la tech hors de contrôle est un sujet plus que jamais d’actualité. » — Jimmi Simpson

Le monde sombre et satirique de Black Mirror n’a jamais été aussi en phase avec la réalité. Dans le nouvel épisode « USS Callister: Into Infinity », suite directe du célèbre épisode de 2017, la série dystopique s’attaque frontalement aux figures de pouvoir de la Silicon Valley… et Jimmi Simpson, de retour dans le rôle du CEO James Walton, s’y jette à corps perdu.

Dans cette nouvelle itération de l’univers Callister, ce ne sont plus seulement les clones numériques qui captivent l’attention, mais leurs créateurs bien réels. Et c’est Walton, PDG de Callister Inc., qui se retrouve sur le devant de la scène. Sa gestion opaque, son ignorance totale du jeu qu’il commercialise (spoiler : il n’y a jamais joué), et ses choix moralement douteux en font une figure glaçante… et tristement familière.

Cloner pour mieux régner

Dans un twist particulièrement sombre, on découvre que Walton a utilisé un dispositif de clonage illégal pour recréer son ancien collègue Daly, disparu, afin de continuer à exploiter ses talents dans le jeu Infinity. Un geste désespéré et inhumain, symbole de la déconnexion totale de Walton avec l’éthique et la réalité.

Pour Simpson, c’était l’occasion rêvée de creuser un personnage plus complexe et de lui donner une dimension profondément actuelle : « Ce type est enfermé dans sa tour, incapable de voir les dégâts qu’il cause, simplement parce qu’il s’autorise tout. »

Musk, Trump, et le syndrome du « Je suis le meilleur »

Et pour incarner cette figure toxique de la tech toute-puissante, l’acteur n’a pas eu à chercher bien loin. « Je pense que Musk ne se rend pas compte des dégâts qu’il cause, » confie Simpson, qui évoque également deux autres milliardaires qu’il ne nomme pas — mais qu’on devine aisément.

Il explique que ces figures publiques finissent par croire qu’elles sont elles-mêmes la solution, et non le problème : « Ils se confondent avec l’idée du bien commun, et c’est là que tout dérape. »

Simpson voit même dans Walton une sorte de miroir déformant, un test de Rorschach moderne : « Il représente pour moi trois gars, mais pour chaque spectateur, ce sont peut-être d’autres. Ce qui compte, c’est ce pouvoir qu’ils détiennent… et qu’ils utilisent très mal. »

Quand le pouvoir s’effondre

Dans Into Infinity, Walton commence à perdre le contrôle lorsque l’équipage cloné du jeu — désormais mené par Nanette Cole (Cristin Milioti) — défie son autorité. Les tentatives de reprendre la main échouent, et l’épisode se conclut par la fermeture du jeu et l’arrestation de Walton.

Simpson y voit une fin satisfaisante : « Il n’est pas encore brisé quand on le voit se débattre dans la voiture de police, mais c’est le début. Il va lui falloir du temps pour comprendre qu’il s’est lui-même mis dans cette situation. »

Pour lui, ce qui brise vraiment ces figures de pouvoir, ce n’est pas la loi, ni les critiques : c’est la perte de contrôle. « C’est ça qui les détruit : le moment où ils réalisent qu’ils ne sont plus aux commandes. »

Tous les épisodes de la saison 7 de Black Mirror, y compris « USS Callister: Into Infinity », sont à voir dès maintenant en streaming sur Netflix. Entre science-fiction, satire sociale et questionnements éthiques ultra-contemporains, la série prouve qu’elle reste plus que jamais connectée… à nos pires futurs possibles.

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