Série animée devenue culte depuis sa diffusion en 2007, Mononoke est un spin-off de Ayakashi: Samurai Horror Tales, qui s’est imposé par son esthétique saisissante, son univers énigmatique et son approche profondément symbolique des récits surnaturels. Mêlant folklore japonais, critique sociale et métaphysique, Mononoke met en scène un apothicaire errant — ni tout à fait humain, ni totalement étranger — chargé d’exorciser des esprits (mononoke) en découvrant trois éléments fondamentaux : leur Forme, leur Vérité et leur Raison.
Après un premier film acclamé intitulé Un fantôme sous la pluie, le deuxième volet, Les cendres de la rage, poursuit l’histoire en approfondissant l’univers narratif et les thématiques puissantes de la franchise.
Le retour dans l’Ōoku : pouvoir, maternité et mémoire
L’histoire reprend peu après les événements du premier film. L’apothicaire (Hiroshi Kamiya) réapparaît, cette fois au cœur de l’Ōoku, l’aile intérieure du palais impérial. Là, la récente succession à la tête de cette cour féminine fait vaciller les équilibres : Botan Otomo (Haruka Tomatsu), issue d’une famille noble, prend la relève d’Utayama et instaure une discipline stricte. Mais cette autorité déclenche des tensions, en particulier avec Fuki (Yoko Hikasa), une concubine expérimentée autrefois favorite de l’empereur (Miyu Irino).
Alors que débute la sélection d’une tutrice pour protéger le nouveau-né de l’impératrice Yukiko (Atsumi Tanezaki), un événement dramatique change le destin de Fuki. Accusée d’avoir donné naissance à un enfant considéré comme une menace, elle devient la cible de machinations orchestrées par des hommes cherchant à faire taire l’affaire à tout prix.
Des corps en feu, un Mononoke insaisissable
Parallèlement, un phénomène terrifiant secoue la cour : des individus prennent feu de manière inexplicable et ne laissent derrière eux que des cendres. L’apothicaire identifie rapidement la présence d’un mononoke, mais cette entité semble insaisissable, changeante, voire multiple.
Apparaissent alors les enfants du Rat de feu (hinezumi), des êtres surnaturels en quête de leur mère disparue, mus par une rage ardente. Pourquoi s’en prennent-ils aux puissants ? Quel lien entretiennent-ils avec la souffrance des mères et les enfants rejetés ? Pour percer ce mystère, l’apothicaire devra plonger dans les abîmes de l’Ōoku et rassembler les trois vérités nécessaires à l’exorcisme.
Un chapitre brûlant, entre politique et fantastique
Ce nouveau film explore avec intensité les blessures infligées aux femmes, les jeux de pouvoir dans les sphères impériales, et la peur viscérale qu’inspire la maternité dans un monde régi par les apparences et la domination masculine. Visuellement sublime, toujours influencé par le théâtre nô, les estampes japonaises et une mise en scène minimaliste mais évocatrice, Les cendres de la rage propose une expérience cinématographique aussi belle qu’inquiétante.
Entre tradition et modernité : un conte qui interroge notre humanité
Mononoke, le film : Chapitre II – Les cendres de la rage continue de faire de la franchise un objet unique dans l’animation japonaise. À travers ses récits ésotériques, ses décors stylisés et ses questionnements existentiels, la série — comme ses films — interroge ce qui nous lie à nos peurs, nos douleurs, et à la mémoire collective.
Le Mononoke n’est jamais un simple monstre à abattre, mais une énigme à comprendre. Et cette quête de sens, à elle seule, mérite qu’on s’y attarde.
Mononoke, le film : Chapitre II – Les cendres de la rage dès le 14 aout sur Netflix