Le nouveau film de Sebastian Lelio est une adaptation du roman éponyme d’Emma Donoghue qui avait déjà écrit l’excellent « Room ». Inspiré d’une histoire vraie, « The Wonder » est un récit d’une étrangeté saisissante. Florence Pugh, qui depuis « The Young Lady » et « Les filles du docteur March » semble devenue la reine du drame d’époque, y livre une performance d’une intensité rare.

L’histoire

1862, 13 ans après la Grande Famine. Elizabeth Wright (Florence Pugh), infirmière anglaise, est appelée dans les Midlands irlandais par une communauté dévote pour passer 15 jours au chevet de l’une des leurs. Anna O’Donnell (Kíla Lord Cassidy) est une jeune fille de 11 ans qui prétend ne rien avoir mangé pendant quatre mois et avoir survécu par miracle. Alors que la santé d’Anna se détériore rapidement, Elizabeth est déterminée à découvrir la vérité, bousculant la foi d’une communauté qui préférerait s’en tenir à ses croyances.

S’abandonner pour comprendre

Pour percer ce mystère, Elizabeth va devoir s’y abandonner, y croire, pour gagner la confiance d’Anna et révéler le terrible secret de l’enfant. Le réalisateur Sebastian Lelio demande la même chose au spectateur. Il devra avoir la foi au fond de lui pour se laisser emporter par son psychodrame. Il ne s’agit pas là de foi religieuse mais bien de croire ou du moins accepter le pouvoir des histoires. “Adapter le roman d’Emma Donoghue me permet non seulement d’explorer et de présenter à l’écran les tensions entre la raison et la foi, l’obéissance et la rébellion, et l’opposition d’un individu et d’un groupe, mais aussi de questionner ce qu’est un film d’époque et de délivrer ma propre version” avait déclaré Sebastian Lelio.

L’alchimie parfaite

Emma Donoghue, l’auteur du livre dont le film est inspiré, est connue pour sa capacité à dépeindre la résilience féminine mais également la psyché de l’enfance, la façon dont les enfants s’adaptent, se transforment et renaissent. Sebastian Lelio, le réalisateur, est quant à lui passé maître dans la représentation de la femme et sa ténacité avec ses films « A fantastic Woman», «Disobedience» et «Gloria». Le duo qu’il forme avec Emma Donoghue ne pouvait pas mieux s’accorder. Touchés par le deuil et les traumatismes familiaux, tous deux se dévoilent dans ce clair-obscur baroque qu’est  «The Wonder ».

Paradoxal, énigmatique, « The Wonder » est une expérience étrange portée par une Florence Pugh qui excelle dans sa quête de la vérité. Quelque peu inaccessible, « The Wonder » n’en est pas moins fascinant. Même lorsque le charme est rompu, on ne peut s’en défaire.

The Wonder dès le 16 novembre sur Netflix.

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