La nouvelle série en six épisodes, qui débarque ce vendredi 7 juin sur Disney+, « Becoming Karl Lagerfeld« , qui débute en 1972, promet de plonger les spectateurs dans la vie du célèbre designer alors âgé de 38 ans. Interprété par Daniel Brühl, Lagerfeld est présenté comme un créateur de prêt-à-porter encore méconnu. La série, basée sur le roman « Kaiser Karl » de Raphaëlle Bacqué, s’étend jusqu’en 1981, juste avant qu’il ne rejoigne Chanel en 1983.

Dès le premier épisode, Lagerfeld, connu pour son goût de l’anonymat, est dépeint dans un cadre glamour mais tumultueux, entouré de figures emblématiques de la mode comme Jacques de Bascher, son futur amant, et Yves Saint Laurent, son ami et rival. Les costumes somptueux et les dialogues incisifs mettent en avant son style excentrique, souvent comparé à celui du Roi-Soleil Louis XIV.

L’intrigue principale se concentre sur sa lutte pour s’imposer chez Chloé, où il devient le seul designer en 1974, en opposition avec Gaby Aghion, la fondatrice de la marque. La série explore ses efforts pour montrer son génie artistique, souvent entravé par l’obstination de sa patronne.

Cependant, « Becoming Karl Lagerfeld » prend le parti de présenter un Lagerfeld sympathique, en dépit des nombreuses controverses entourant ses propos sur les femmes, les immigrants et les victimes d’agressions sexuelles. Tandis que Lagerfeld apparaît comme un personnage brooding et ambitieux, la série nous pousse également à prendre son parti. Yves Saint Laurent, en revanche, est dépeint de manière plus négative, surtout dans le triangle amoureux avec de Bascher.

L’un des aspects les plus discutables de la série est son approche des dynamiques de genre dans la mode. Une réplique clé souligne les tendances sexistes de Lagerfeld : « La mode n’a rien à voir avec les femmes, sinon il n’y aurait pas tant de gays dans ce milieu. » Cette vision est ensuite contredite par Marlene Dietrich, qui rappelle que les designers existent grâce à l’acceptation des femmes qu’ils habillent.

La série semble néanmoins minimiser le rôle des femmes dans la mode, les présentant souvent comme des supports émotionnels ou des toiles de fond pour les créations des hommes. Cet angle pourrait être perçu comme une simplification excessive de l’histoire complexe de la haute couture, dominée par des figures masculines depuis le XIXe siècle.

« Becoming Karl Lagerfeld » entend plonger le spectateur au cœur du Paris, Monaco et Rome des années 1970, pour suivre l’épanouissement de cette personnalité complexe et iconique. Le résultat est un portrait flatteur d’un homme controversé, stylisé de manière luxueuse, offrant une vision esthétiquement plaisante mais peut-être simplifiée des dynamiques de pouvoir et de genre dans le milieu de la mode.

Visuellement, « Becoming Karl Lagerfeld » est un hommage luxueux au style des années 1970, offrant un regard humanisé et esthétiquement plaisant sur Lagerfeld et son entourage. Cependant, la série pourrait gagner en profondeur en explorant davantage les dynamiques de pouvoir et de genre dans le milieu de la mode, ajoutant ainsi une dimension critique bienvenue à son récit flatteur.

A voir dès maintenant sur Disney+.

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