Etant une fan inconditionnelle de Karin Slaughter et ayant lu pratiquement tous ses livres, j’ai évidemment directement visionné les deux épisodes de sa nouvelle adaptation (après l’excellent Pieces of Her sur Netflix), tout en étant craintive. En effet, l’adaptation est un exercice compliqué, et il y a souvent plus d’échecs en la matière que de réussites. Et bien, heureusement, j’ai été agréablement surprise. Et je vous explique pourquoi…

Le pitch

L’agent spécial Will Trent du Georgia Bureau of Investigations (GBI) a été abandonné à la naissance et a enduré un passage à l’âge adulte difficile dans le système de placement familial débordé d’Atlanta. Maintenant adulte, il est déterminé à utiliser son point de vue unique pour s’assurer que personne n’est abandonné comme lui. 

Comme je vous le disais plus haut, l’adaptation d’un roman pour le petit ou le grand écran est toujours un pari. Les lecteurs se font une idée des personnages dans leur esprit: leur apparence, leur voix, leur démarche, leurs interactions et leurs réactions dans leur espace fictif. Et invariablement, lorsque ces personnages prennent vie, il y a toujours un chœur de détracteurs qui protestent que ce qu’ils voient n’a rien à voir avec ce qu’ils ont en tête. Imaginez donc la tâche ardue que représente la transposition de la série de 11 livres de l’auteur Karin Slaughter mettant en scène l’agent spécial d’Atlanta Will Trent en une série télévisée. Pour les fans qui ont suivi l’anthologie depuis la parution du premier roman de Will Trent en 2006, les attentes sont élevées. La bonne nouvelle, c’est que la version télévisée de Will Trent devrait plaire aux inconditionnels des romans. Il y a cependant des choses qu’elle doit corriger pour devenir une série vraiment géniale.

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Une adaptation fidèle et libre à la fois

Mais force est de reconnaitre que la série prend pas mal de libertés par rapport aux livres, mais pour de bonnes raisons. Commençons par les personnages principaux. Will Trent est décrit normalement comme une base de 2 m de haut, large  d’épaules, longiligne et fort, avec des cheveux courts sable/blond et de grandes mains ». Un peu comme Jack Reacher quoi (qu’il rencontre dans un livre d’ailleurs)!. Ici, l’acteur Ramón Rodríguez, mesure 1,80 m, est mince et a des cheveux noirs. Mais, bien que l’apparence physique de Trent ne corresponde pas à son homologue dans le livre, il incarne parfaitement la présence unique et quelque peu déséquilibrée de Trent. Il devient crédible dans le rôle de ce détective excentrique. Faith est devenue noire mais son personnage apporte pas mal de cohérence. Elle est parfaitement taillée pour épauler Trent. Angie, elle, est blonde (contre les cheveux noirs dans le livre) et même si l’on comprend vite à quel point elle souffre de blessures de son passé, elle est beaucoup plus attachante et bienveillante (aussi avec Will) que le personnage du livre. Mais une des forces de Slaughter est sa capacité à raconter des personnages complexes et retranscrire cela à l’écran ne parait pas possible. La production a donc fait certains choix en connaissance de cause, qui s’avèrent payants. Quant aux décors, les couleurs, l’ambiance et la musique représentent la ville d’Atlanta comme jamais et aussi fidèlement que dans le livre. Bien joué!

A améliorer…

Par contre, l’un des aspects des livres de Will Trent qui fait revenir les fans est le génie singulier de Trent lui-même et sa capacité à voir ce que les autres ne peuvent pas voir, à reconstituer ce que même les détectives les plus chevronnés n’arrivent pas à comprendre. Et là, c’est très mal retranscrit à l’écran: ses déductions sont aussi faciles que bateau. Les scénaristes vont devoir s’appliquer davantage selon moi.

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Le jeu en vaut la chandelle

Enfin,Will Trent n’est pas une série qui dénoue un crime par épisode. Comme dans les livres de Slaughter, la résolution des crimes par Will Trent est un processus. Le premier épisode de la série met en place quelques pièces essentielles du puzzle seulement. Les téléspectateurs devront rester et attendre la fin du deuxième épisode pour désigner le coupable. L’approche est donc judicieuse, d’autant plus que Will Trent est une adaptation d’une série de romans et non pas d’un seul livre. Au fur et à mesure que les détails de l’enquête criminelle se dévoilent, les histoires des personnages de Will Trent font de même.

Sans nul doute une des séries les plus addictives donc de ce début d’année. Les deux premiers épisodes sont disponibles sur Disney+, qui diffusera un nouvel épisode chaque mercredi. 

 

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